Une démocratie qui nous écoute

On dit que le vote est le cœur de la démocratie. D’accord. Mais un cœur ne bat pas une fois tous les quatre ans. Une démocratie vivante associerait les citoyens aux décisions qui touchent leur quartier, leur région et le Québec. Ils proposeraient des changements, soumettraient les grands choix au vote et rappelleraient aux élus d’où vient leur pouvoir.

Cette idée m’intéresse : une démocratie plus présente dans nos vies. Nous réfléchissons déjà à nos écoles, à nos transports, à nos villes, à nos ressources, à notre système de santé et à l’avenir du Québec. Nous en parlons au travail, en famille, entre voisins, dans nos communautés. Toute cette intelligence existe. Nos institutions lui ouvrent trop peu de voies vers les lieux où les décisions se prennent.

C’est ce que je trouve fort dans le projet de Démocratie Directe Québec. Le parti propose des comités citoyens locaux et régionaux, la subsidiarité — les décisions prises le plus près possible des gens concernés —, une plateforme de participation et des référendums d’initiative citoyenne. Son programme renforce le rôle de mandataire des élus et réduit celui de propriétaire temporaire du pouvoir. Le député écoute, explique, porte les décisions, agit et rend des comptes. La souveraineté populaire cesse alors d’être une belle formule : elle entre dans les institutions.

Le principe est simple : le pouvoir se rapproche de ceux qui vivent les conséquences des décisions. Les gens du lieu règlent les enjeux locaux. La région débat de ses questions. Le Québec tranche ses grands choix. Lorsqu’assez de citoyens réclament un vote, une voie leur permet de porter la question devant la population.

Cette pratique changerait aussi notre rapport au référendum. Au Québec, nous l’avons presque toujours réservé aux grandes batailles sur notre avenir. Nous sortons l’instrument une fois par génération, nous nous affrontons quelques semaines, puis nous le rangeons pendant vingt ans. Quelle étrange manière d’apprendre à jouer du piano. Une démocratie vivante pratique : elle débat, compare les arguments, repère les questions biaisées, exige une information juste et tranche. L’usage donne l’expérience; l’expérience donne la maîtrise.

Cette maîtrise nous servira partout : dans nos villes, nos régions, nos services publics et nos choix de société. Si le Québec tranche un jour de nouveau son avenir national, une population rompue au débat, au vote et à la décision populaire abordera ce choix avec une expérience que personne ne pourra lui enlever.

Voilà ce qui me donne de l’espoir. La démocratie peut être beaucoup plus qu’un rendez-vous électoral tous les quatre ans. Elle peut habiter nos villes, nos régions et nos institutions. Elle peut devenir une habitude, une responsabilité et une force. Le député retrouve alors un rôle simple et noble : il écoute, il explique, il porte la voix de sa population, il agit et il répond de ses actes. Ses convictions comptent. Son jugement compte. Mais le pouvoir demeure au peuple.

Je défends cette démocratie. Une démocratie qui fait confiance aux citoyens, leur ouvre les portes de la décision et leur rend une part du pouvoir qu’ils délèguent depuis trop longtemps. Et cette conviction me conduit aujourd’hui à une décision.

Je serai candidat dans La Pinière sous la bannière de Démocratie Directe Québec.

Je porterai votre voix et je défendrai votre pouvoir.


Aujourd’hui 27 août, je circulerai à Brossard, entre le Mail Champlain et le Quartier DIX30, en passant par la Place Portobello, pour recueillir les signatures nécessaires à mon document de mise en candidature, le 38VAQ. Si vous habitez dans La Pinière et souhaitez soutenir ma candidature, envoyez-moi un message sur Messenger. Je pourrai me placer sur votre chemin; signer ne prend que quelques instants. Et si vous souhaitez participer à la campagne, ce sera aussi une belle occasion de faire connaissance.

Patrick Gauthier

Mon profil politique

Je ne suis pas très doué pour entrer dans les petites cases politiques. Gauche ou droite? Fédéraliste ou indépendantiste? Nationaliste, progressiste, populiste? Je réponds souvent par une autre question : qui vous a donné le droit de décider à ma place?

C’est là que commence ma politique. Je regarde l’État comme on regarde un vieux château. De loin, il paraît solide : pierres énormes, drapeaux au vent, juges en robe, ministres en cravate, lois bien numérotées. Tout cela donne une formidable impression d’éternité. Puis je m’approche. Je gratte le mortier. Je demande qui a posé la première pierre, qui était présent, qui pouvait voter, qui ne pouvait pas, quelle question a été posée, quelle majorité a décidé, qui possédait l’argent, la presse, les institutions — et surtout qui est resté dehors pendant qu’on construisait la maison.

C’est ainsi que je regarde le Canada. Mais je regarderais exactement de la même façon un Québec indépendant. Je ne veux pas remplacer un maître par un autre et repeindre la porte en bleu. La souveraineté qui m’intéresse n’habite ni Ottawa ni l’Assemblée nationale. Elle habite chez le citoyen.

Je crois aux institutions, justement assez pour leur demander leurs papiers. Je crois aux lois, assez pour demander d’où vient leur légitimité. Je crois aux représentants, mais pas au miracle étrange par lequel déposer un bulletin dans une boîte tous les quatre ans transformerait ensuite des millions d’adultes en figurants priés de se taire jusqu’à la prochaine campagne.

Mon adversaire politique n’est donc pas une langue, une province ou un parti. C’est la confiscation du pouvoir par ceux qui finissent par croire que le fauteuil leur appartient parce qu’ils y sont assis depuis longtemps.

Je veux une démocratie où gouverner signifie encore représenter, où une constitution est un contrat et non une relique, où aucun gouvernement ne peut dire : « Faites ce que je dis. Ne demandez surtout pas comment nous avons fait. »

Je ne veux pas simplement changer ceux qui gouvernent. Je veux changer la relation entre ceux qui gouvernent et ceux au nom de qui ils prétendent le faire.

Je ne cherche pas un nouveau roi pour le château. Je veux rendre les clés à ceux qui vivent dedans.

Patrick Gauthier

La loi sur la clarté, faites ce que je dis, pas ce que je fais

La campagne électorale 2026 peut partir d’un instant à l’autre. Tout le monde est sur le qui-vive. Les candidats sont prêts. Les bénévoles aussi. Les équipes attendent le signal, le doigt sur le bouton, les pancartes presque dans les mains.

Et forcément, quand une campagne québécoise commence, quelques vieilles blessures remontent.

Il y en a une qui mérite qu’on la sorte du placard : la Loi sur la clarté.

Vous vous souvenez?

Après deux référendums qui avaient brassé le Québec jusque dans les cuisines, Ottawa nous a expliqué les règles. Pour quitter le Canada, il faudrait une question claire, une majorité claire, une volonté claire. Et, détail charmant, Ottawa déciderait lui-même si nous avions été assez clairs.

Jean Chrétien et Stéphane Dion nous ont donc offert une leçon de démocratie.

Très bien.

Grattons.

En 1865, au Canada-Est — le futur Québec — la Confédération passe 37 contre 25.

Pas 90 %.

Pas un peuple debout comme un seul homme.

Trente-sept députés contre vingt-cinq.

Et le peuple?

Ah.

Quelqu’un propose justement de lui demander son avis.

On refuse.

Voilà.

On savait compter les citoyens. On savait organiser un vote. On savait parfaitement qu’on pouvait leur poser la question.

On a préféré ne pas la poser.

Puis Londres a réglé la paperasse.

Et cent trente-cinq ans plus tard, Ottawa revient examiner notre bulletin avec une loupe :

— Hum… votre question n’est peut-être pas assez claire.

C’est fabuleux.

Vous entrez dans la maison par la fenêtre, puis vous revenez trois générations plus tard nous expliquer que la poignée de porte n’est pas réglementaire.

Pour fabriquer le Canada : 37 contre 25, aucun référendum au Québec, merci bonsoir.

Pour le quitter : attention, votre majorité pourrait ne pas être assez majoritaire.

On se croirait chez un cambrioleur devenu consultant en systèmes d’alarme.

C’est là que le meilleur argument fédéral commence à ressembler à ce qu’il voulait éviter : un homme de paille.

Oui, des représentants ont voté en 1865. Personne ne le nie. Mais si ce vote suffit pour fonder durablement le Canada, alors qu’on cesse de nous expliquer qu’un vote québécois ne suffit jamais tout à fait.

Choisissez.

Ou la clarté compte.

Ou elle ne compte pas.

Mais elle ne peut pas devenir sacrée seulement quand le Québec regarde la sortie.

C’est précisément pour aller gratter ce genre de certitudes que j’ai écrit Un château de paille. J’y ai pris les meilleurs arguments du Canada, pas les plus faibles, et je suis allé voir s’ils tenaient debout.

Lire et télécharger gratuitement Un château de paille — De la clarté constituante.

Vous pourrez vous faire votre idée.

Moi, au moins, je vous demande votre avis avant.

Patrick Gauthier