L’indépendance ne suffit pas

Je suis indépendantiste avant d’être partisan de la démocratie directe. Mais je ne vois aucune contradiction entre les deux.

Le Parti québécois n’a pas le monopole de la réflexion sur la démocratie. L’indépendance règle une partie essentielle du problème : elle donne au Québec la maîtrise de ses choix collectifs et nous débarrasse d’un palier de pouvoir que je considère comme imposé au Québec.

Mais ça ne suffit pas.

On peut faire l’indépendance demain matin et conserver exactement le même défaut démocratique : élire un gouvernement pour quatre ans, lui donner presque tous les pouvoirs, puis regarder les citoyens attendre la prochaine élection pour pouvoir réagir.

Pendant cinq semaines, les partis font des promesses.

Pendant quatre ans, ils peuvent faire autre chose.

Et entre les deux, le citoyen possède très peu de moyens réels pour intervenir.

C’est là que la démocratie directe devient importante pour moi. Pas comme une religion politique. Comme un coffre à outils.

Référendum d’initiative populaire, droit d’initiative, mécanismes de révocation ou autres formes de contrôle citoyen : il faut que la population puisse intervenir entre deux élections lorsque le gouvernement s’éloigne trop clairement de ce pour quoi il a été élu.

L’indépendance répond à une première question : qui doit décider pour le Québec?

La démocratie directe répond à la deuxième : comment empêcher ceux à qui nous confions le pouvoir de partir avec pendant quatre ans?

Je veux les deux.

Un Québec qui décide pour lui-même.

Et des citoyens qui peuvent encore décider entre deux élections.

Patrick Gauthier

Chroniques d’un candidat — Le lendemain d’un oui à Démocratie Directe

Pendant une visioconférence, j’ai posé à Adam la question la moins constitutionnelle possible.

Si le Québec dit oui un dimanche soir, lundi matin, on fait quoi?

Je ne demandais pas une autre grande déclaration sur la souveraineté du peuple. J’en avais déjà plein les poches. Je voulais savoir s’il fallait dix jours, dix mois, une deuxième élection ou quelques décennies de comité chargé d’étudier la possibilité de créer un autre comité.

La réponse existe maintenant. Elle tient moins du sermon que du calendrier.

Le premier jour, la Constitution fondatrice et les lois de transition seraient déposées à l’Assemblée nationale. Pendant la première semaine, cinq chantiers seraient déclenchés : l’allégeance des élus au peuple, les comités citoyens, l’imputabilité, la cyberdémocratie et le référendum d’initiative citoyenne. Entre le huitième et le quinzième jour, les responsables et les structures de transition seraient mis en place. Avant la fin du premier mois, la consultation citoyenne commencerait et le tirage au sort de l’Assemblée constituante serait en préparation.

Autrement dit, le lundi matin suivant la victoire, les citoyens ne recevraient pas une Constitution fraîchement imprimée par quelques élus encore chauds de leur élection. Ils verraient plutôt s’ouvrir le chantier qui doit leur permettre de l’écrire.

Entre le trente et unième et le quarante-cinquième jour, 125 Québécois seraient tirés au sort selon des critères destinés à refléter la population. Pas 125 vedettes de panels télévisés. Pas 125 amis du ministre. Des citoyens ordinaires qui, la veille encore, conduisaient un autobus, enseignaient à des enfants, soignaient des patients, réparaient des machines ou cherchaient simplement comment payer l’épicerie sans financer une deuxième hypothèque sur un sac de pommes.

Ils seraient ensuite formés au processus constituant et à la délibération collective. Pendant ce temps, les comités citoyens locaux et régionaux commenceraient à s’organiser. La démocratie descendrait enfin de la colline parlementaire pour aller voir comment le monde vit en bas.

Entre le soixante et unième et le soixante-dixième jour, l’Assemblée constituante tiendrait sa première séance publique. Entre le soixante et onzième et le quatre-vingt-cinquième, la plateforme de participation en ligne ouvrirait. Le papier et les rencontres en personne demeureraient accessibles : la démocratie numérique ne devrait pas transformer l’absence de téléphone intelligent en nouvelle forme d’analphabétisme politique.

Avant le centième jour, les premières consultations publiques seraient tenues et les mécanismes du référendum d’initiative citoyenne commenceraient à fonctionner.

Cent jours, donc, non pas pour rédiger en vitesse la loi suprême d’un peuple entre deux cafés, mais pour lui rendre les outils nécessaires afin qu’il puisse participer au travail.

La Constitution définitive demanderait davantage de temps. Le calendrier publié accorde jusqu’à trois ans à l’Assemblée constituante pour travailler publiquement, consulter la population et rédiger son projet. Ce délai constitue un maximum, pas un objectif de lenteur administrative. Une fois le texte terminé, les Québécois disposeraient encore d’un véritable débat avant de le ratifier — ou de le refuser — lors d’un plébiscite tenu dans les six mois suivants.

Il n’est donc pas question de tenir deux élections bout à bout pour remplacer une équipe de maîtres par une autre. La deuxième grande consultation ne servirait pas à choisir ceux qui décideront. Elle servirait à décider si le texte produit au terme du chantier appartient réellement au peuple.

Bien sûr, un calendrier publié sur un site ne transforme pas automatiquement une ambition en réalité juridique. Le parti affirme que les textes, les lois organiques et le manuel d’opération sont déjà rédigés. Il promet également de publier les analyses juridiques signées qui soutiennent la démarche afin qu’elles puissent être examinées et contestées. Il faudra le faire. La souveraineté populaire ne mérite pas une brochure publicitaire : elle mérite des plans capables de survivre à la lumière.

Mais ma question a maintenant une réponse.

Combien de temps faut-il pour commencer?

Un jour.

Combien de temps avant que les premiers outils appartiennent réellement aux citoyens?

Cent jours, selon le plan proposé.

Et combien de temps pour écrire sérieusement la Constitution d’un peuple?

Le temps nécessaire pour que ce peuple puisse enfin reconnaître sa propre main dans le texte.

Le changement ne consisterait donc pas à remettre au Québec une maison constitutionnelle terminée par le prochain gouvernement. Il consisterait à ouvrir le chantier, à distribuer les outils et, pour une fois, à remettre les clés à ceux qui devront y vivre.

Patrick Gauthier

Une démocratie qui nous écoute

On dit que le vote est le cœur de la démocratie. D’accord. Mais un cœur ne bat pas une fois tous les quatre ans. Une démocratie vivante associerait les citoyens aux décisions qui touchent leur quartier, leur région et le Québec. Ils proposeraient des changements, soumettraient les grands choix au vote et rappelleraient aux élus d’où vient leur pouvoir.

Cette idée m’intéresse : une démocratie plus présente dans nos vies. Nous réfléchissons déjà à nos écoles, à nos transports, à nos villes, à nos ressources, à notre système de santé et à l’avenir du Québec. Nous en parlons au travail, en famille, entre voisins, dans nos communautés. Toute cette intelligence existe. Nos institutions lui ouvrent trop peu de voies vers les lieux où les décisions se prennent.

C’est ce que je trouve fort dans le projet de Démocratie Directe Québec. Le parti propose des comités citoyens locaux et régionaux, la subsidiarité — les décisions prises le plus près possible des gens concernés —, une plateforme de participation et des référendums d’initiative citoyenne. Son programme renforce le rôle de mandataire des élus et réduit celui de propriétaire temporaire du pouvoir. Le député écoute, explique, porte les décisions, agit et rend des comptes. La souveraineté populaire cesse alors d’être une belle formule : elle entre dans les institutions.

Le principe est simple : le pouvoir se rapproche de ceux qui vivent les conséquences des décisions. Les gens du lieu règlent les enjeux locaux. La région débat de ses questions. Le Québec tranche ses grands choix. Lorsqu’assez de citoyens réclament un vote, une voie leur permet de porter la question devant la population.

Cette pratique changerait aussi notre rapport au référendum. Au Québec, nous l’avons presque toujours réservé aux grandes batailles sur notre avenir. Nous sortons l’instrument une fois par génération, nous nous affrontons quelques semaines, puis nous le rangeons pendant vingt ans. Quelle étrange manière d’apprendre à jouer du piano. Une démocratie vivante pratique : elle débat, compare les arguments, repère les questions biaisées, exige une information juste et tranche. L’usage donne l’expérience; l’expérience donne la maîtrise.

Cette maîtrise nous servira partout : dans nos villes, nos régions, nos services publics et nos choix de société. Si le Québec tranche un jour de nouveau son avenir national, une population rompue au débat, au vote et à la décision populaire abordera ce choix avec une expérience que personne ne pourra lui enlever.

Voilà ce qui me donne de l’espoir. La démocratie peut être beaucoup plus qu’un rendez-vous électoral tous les quatre ans. Elle peut habiter nos villes, nos régions et nos institutions. Elle peut devenir une habitude, une responsabilité et une force. Le député retrouve alors un rôle simple et noble : il écoute, il explique, il porte la voix de sa population, il agit et il répond de ses actes. Ses convictions comptent. Son jugement compte. Mais le pouvoir demeure au peuple.

Je défends cette démocratie. Une démocratie qui fait confiance aux citoyens, leur ouvre les portes de la décision et leur rend une part du pouvoir qu’ils délèguent depuis trop longtemps. Et cette conviction me conduit aujourd’hui à une décision.

Je serai candidat dans La Pinière sous la bannière de Démocratie Directe Québec.

Je porterai votre voix et je défendrai votre pouvoir.


Aujourd’hui 27 août, je circulerai à Brossard, entre le Mail Champlain et le Quartier DIX30, en passant par la Place Portobello, pour recueillir les signatures nécessaires à mon document de mise en candidature, le 38VAQ. Si vous habitez dans La Pinière et souhaitez soutenir ma candidature, envoyez-moi un message sur Messenger. Je pourrai me placer sur votre chemin; signer ne prend que quelques instants. Et si vous souhaitez participer à la campagne, ce sera aussi une belle occasion de faire connaissance.

Patrick Gauthier