Je suis indépendantiste avant d’être partisan de la démocratie directe. Mais je ne vois aucune contradiction entre les deux.
Le Parti québécois n’a pas le monopole de la réflexion sur la démocratie. L’indépendance règle une partie essentielle du problème : elle donne au Québec la maîtrise de ses choix collectifs et nous débarrasse d’un palier de pouvoir que je considère comme imposé au Québec.
Mais ça ne suffit pas.
On peut faire l’indépendance demain matin et conserver exactement le même défaut démocratique : élire un gouvernement pour quatre ans, lui donner presque tous les pouvoirs, puis regarder les citoyens attendre la prochaine élection pour pouvoir réagir.
Pendant cinq semaines, les partis font des promesses.
Pendant quatre ans, ils peuvent faire autre chose.
Et entre les deux, le citoyen possède très peu de moyens réels pour intervenir.
C’est là que la démocratie directe devient importante pour moi. Pas comme une religion politique. Comme un coffre à outils.
Référendum d’initiative populaire, droit d’initiative, mécanismes de révocation ou autres formes de contrôle citoyen : il faut que la population puisse intervenir entre deux élections lorsque le gouvernement s’éloigne trop clairement de ce pour quoi il a été élu.
L’indépendance répond à une première question : qui doit décider pour le Québec?
La démocratie directe répond à la deuxième : comment empêcher ceux à qui nous confions le pouvoir de partir avec pendant quatre ans?
Je veux les deux.
Un Québec qui décide pour lui-même.
Et des citoyens qui peuvent encore décider entre deux élections.
Patrick Gauthier
