— Assassinés à coups de poèmes

Revenant d’une session d’entraînement au dojo, un personnage, Akime, s’arrête chez un ami, un vieil artiste peintre, Christophe, dont le domicile comme l’atelier sont situés à peu près sur sa route. Ce soir-là, lorsqu’elle arrive, plutôt que l’accueil spectaculairement chaleureux habituel, il n’y a que le silence. En s’approchant du chevalet où trône une toile magistrale illustrant une femme à la peau rouge, on découvre 4 pinceaux tombés au sol, la main du peintre pend du fauteuil où il est affalé — sûrement endormi. Devant lui, une palette de pigments d’or et d’argent. Akime s’approche davantage, pose une main sur l’épaule du peintre et le découvre mort, empoisonné. Au même moment, une ombre passe derrière le personnage, un bruit survient dans la pièce voisine, Akime accourt pour voir une silhouette disparaître dans la nuit.

Tandis qu’elle prépare les funérailles de Christophe, Akime découvre, caché chez Christophe, un exemplaire des Fleurs de mal de Baudelaire annoté par le peintre: “Christophe y trouvait souvent ses plus belles inspirations, comme ce splendide Nu Rouge, sa dernière toile.” Elle conserve le livre, elle le réclame pendant les funérailles quand le Célébrant et Gardien de l’Éthique lui demande: “Souhaites-tu conserver pour toi un objet ayant appartenu au défunt pour sa valeur de symbole… avant que tous les biens lui ayant appartenu ne soient liquidés en faveur de la succession". Les soirs qui suivent, elle retrouve la voix et des couleurs de Christophe tandis qu’elle lit les poèmes et déchiffre ses annotations.  

Les funérailles de Christophe étaient un tableau de tristesse et de mélancolie. Akimée, debout près du cercueil, fixait la bague que Christophe portait encore à son doigt. C'était une bague ancienne, ornée d'un saphir bleu profond entouré de minuscules diamants qui scintillaient comme des étoiles. Gravées à l'intérieur de la bande, des lettres délicates formaient les mots "Semper Amemus" - "Aimons toujours" lui avait expliqué Christophe un soir..

Akimée regarda Christophe dans son cercueil. Il avait l'air paisible, comme s'il dormait. Elle se souvint de sa voix, de son rire, de la façon dont il avait l'habitude de froncer les sourcils quand il était concentré. Une femme en noir, le visage caché par un voile de larmes, s'approcha du cercueil. Akimée recula, laissant la femme seule avec sa peine. Elle se retira dans un coin de la pièce, son esprit rempli de souvenirs et de questions sans réponse.

À l'extérieur de l'édifice, Myra était assise sur un banc, observant le paysage urbain. Les gratte-ciels se dressaient comme des géants de verre et d'acier, contrastant avec la végétation luxuriante qui entourait la résidence funéraire. L'architecture de l'édifice était impressionnante, avec ses colonnes majestueuses et ses vitraux colorés.

Soudain, elle vit Akimée sortir de l'édifice. Myra la détailla du regard, admirant sa démarche féline et athlétique. Akimée avait une allure intelligente et vive, comme un prédateur en alerte. Myra sentit une excitation grandir en elle à mesure qu'Akimée s'approchait. Elle était captivée par la beauté d'Akimée, par sa grâce presque divine.

Akimée s'approcha du banc où Myra était assise. Elle semblait hésitante, puis elle s'assit à côté de Myra. "C'est un bel endroit, n'est-ce pas ?" dit-elle, brisant le silence. Myra acquiesça, son cœur battant à tout rompre. Ainsi commença leur conversation, au milieu du deuil et de la beauté, deux femmes unies par le mystère et la perte.

La nuit était tombée sur la ville quand Akimée rentra chez elle après les funérailles. Elle se sentait épuisée, vidée par le chagrin et les émotions de la journée. Elle s'installa dans son fauteuil préféré, un livre à la main, essayant de se perdre dans les mots pour oublier, ne serait-ce qu'un instant, la réalité de la perte de Christophe.

Soudain, son téléphone sonna, brisant le silence de la pièce. Elle regarda l'écran : un numéro inconnu. Hésitante, elle décrocha.

"Allo ?" dit-elle, sa voix tremblante.

Une voix déformée par un modulateur de voix répondit à l'autre bout de la ligne. "Akimée, vous êtes en danger. Méfiez-vous de ceux qui vous entourent. La mort de Christophe n'était pas un accident."

Avant qu'elle ait pu répondre, la ligne fut coupée. Akimée resta assise, le téléphone toujours à l'oreille, son cœur battant à tout rompre. Qui était cette personne ? Pourquoi lui disait-elle qu'elle était en danger ? Et surtout, que savait-elle de la mort de Christophe ?

Akimée regarda la bague qu'elle avait prise à Christophe lors des funérailles. Les mots gravés à l'intérieur de la bande, "Semper Amemus", résonnaient maintenant d'une signification sinistre. Elle se souvint des poèmes de Baudelaire, des indices cachés dans les vers. Était-ce une coïncidence, ou y avait-il un lien avec l'avertissement qu'elle venait de recevoir ?

 

En même temps, à la radio:

Une série de meurtres dans différentes villes Canadiennes. Chaque fois, un même modus operandi, le meurtrier laisse sur la scène de crime un poème de Baudelaire en lien avec le crime. Après le 3e homicide, les journaux s’emparent de la nouvelle, la population est horrifiée; la police, en alerte.

Akime frissonne; devant elle, sous ses yeux, dans une annotation, Christophe suggére l’existence d’une conspiration et subitement les événements le confirment, la conspiration est réelle.  Et tandis qu’elle le constate en entendant les info, elle se remémore Christophe qui ce jour antérieur lui répondait gentiment: Tu ries ma belle mais retiens bien, le jour où tu auras la preuve qu’une telle conspiration existe, ce jour-là, n’oublie pas, tu seras déjà en très grand danger.

La nuit s'étendait devant elle, pleine de questions sans réponse. Mais une chose était sûre : elle devait découvrir la vérité sur la mort de Christophe, quel qu'en soit le prix.

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