1 jour à la fois
Par mois: 2021-5Retour

     « En pays d'exil, le printemps lui-même est sans charme. »      
     PROVERBE RUSSE     

Il se peut que nous connaissions une personne qui semble interminablement aux prises avec des difficultés et des problèmes. Ou encore, ce sera un enfant qui semble s'engager petit à petit sur un sentier que l'on sait fertile en malheurs. Cela nous touche, nous attriste. Il a pu arriver que tous nos efforts pour aider une personne dans l'une ou l'autre de ces situations se soient révélés vains. Bien des gens semblent incapables de regarder ou d'accepter de regarder leurs problèmes, et d'assumer les responsabilités qui leur permettraient une vie meilleure. Dans ces situations, la seule chose que nous puissions faire est peut-être de leur transmettre l'émotion de la solution authentique et de ses conséquences. Enseigner ainsi le bonheur leur permettra peut-être de le différencier au milieu de leurs cauchemars. L'identité émotive est la plus vraie de toutes, elle constitue fonda mentalement la vérité qui nous habite. En donner l'empreinte à quelqu'un dans le malheur, c'est laisser pendre un fil d'Ariane fluorescent dans la nuit. 

Plutôt que de tourner en rond avec un problème qui paraît insoluble, je transmets l'émotion de la solution. L'empreinte de la vérité est parfois le moule qui manque à une personne en difficulté.

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     « Quand vous en avez l'équivalence mentale, ce que vous souhaitez est à vous. »      
     E. Fox     

Il pousse un arbre. Un vieil arbre. Si vieux qu'il se souvient des druides qui venaient autrefois cueillir le gui. Son feuillage vert et sombre se balance lentement, bruissant au contact des arbres qui l'entourent. Son écorce plissée, râpeuse et d'un brun aux reflets d'or sent bon le bois et l'humidité. Ses branches basses font des bras forts et des mains habiles. La terre, d'un roux fauve, douce et riche, s'étend d'elle-même lorsqu'il faut faire de la place à un nouvel arbre. Les racines du vieil arbre plongent jusqu'au plus profond de la terre, jusque-là où il fait chaud ; au cœur de la planète, où il puise sa force. Les maisons là-bas, c'est le domaine des grands seigneurs. Ici, c'est celui d'une autre vie où même les tempêtes sont ralenties. Là-bas, un lac où se reflètent les étoiles pour son plaisir et celui de la forêt. Vous êtes cet arbre majestueux et cette terre merveilleuse. Et c'est votre cœur qui réchauffe vos racines. 

J'écoute le silence de ma forêt, les longs craquements des plus lourdes branches des arbres, les feuilles qui frémissent, les racines qui labourent la terre et le feu qui bourdonne en son centre. Je goûte cette paix qui nous est donnée en partage.

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