1 jour à la fois
Par mois: 2021-5Retour

     « Quand vous en avez l'équivalence mentale, ce que vous souhaitez est à vous. »      
     E. Fox     

Il pousse un arbre. Un vieil arbre. Si vieux qu'il se souvient des druides qui venaient autrefois cueillir le gui. Son feuillage vert et sombre se balance lentement, bruissant au contact des arbres qui l'entourent. Son écorce plissée, râpeuse et d'un brun aux reflets d'or sent bon le bois et l'humidité. Ses branches basses font des bras forts et des mains habiles. La terre, d'un roux fauve, douce et riche, s'étend d'elle-même lorsqu'il faut faire de la place à un nouvel arbre. Les racines du vieil arbre plongent jusqu'au plus profond de la terre, jusque-là où il fait chaud ; au cœur de la planète, où il puise sa force. Les maisons là-bas, c'est le domaine des grands seigneurs. Ici, c'est celui d'une autre vie où même les tempêtes sont ralenties. Là-bas, un lac où se reflètent les étoiles pour son plaisir et celui de la forêt. Vous êtes cet arbre majestueux et cette terre merveilleuse. Et c'est votre cœur qui réchauffe vos racines. 

J'écoute le silence de ma forêt, les longs craquements des plus lourdes branches des arbres, les feuilles qui frémissent, les racines qui labourent la terre et le feu qui bourdonne en son centre. Je goûte cette paix qui nous est donnée en partage.

Suite

     « Il n'y a de long ouvrage que celui qu'on n'ose pas commencer. Il devient cauchemar. »      
     CHARLES BAUDELAIRE     

Il nous est arrivé à tous, à un moment ou à un autre, d'être paralysé devant la tâche à accomplir, ou même seulement de différer nos actions. Alors, souvent la peur cause nos difficultés. Toutes les peurs ne sont pas irrationnelles. Si l'atteinte de nos objectifs nécessite que nous morcelions notre démarche en étapes, il peut arriver qu'inconsciemment nous sachions que notre préparation pour l'une d'elles soit insuffisante. La peur intervient alors comme un indicateur naturel qu'il faut apprendre à écouter. En prenant conscience de notre état, nous pouvons réagir pour parfaire notre préparation. Par contre, notre peur peut aussi prendre racine dans une habitude d'agir en fonction des autres, une volonté d'épater la galerie. Aussi la peur de l'échec nous assaille. En laissant à notre peur la place qu'il lui faut, nous arrivons à nous accepter et à mieux comprendre notre volonté d'être reconnu, notre besoin d'être aimé et estimé. En reconnaissant nous-même nos forces et nos faiblesses avec amour, humilité et exactitude, nous trouvons la sagesse de les articuler au mieux pour la réalisation de notre projet. Il devient alors possible de faire confiance à la vie pour les résultats et d'agir pour nous-même, en considérant que l'expérience est déjà notre premier dividende. 

Je laisse une place à ma peur car elle m'éclaire sur ma vie. Je confie les résultats de mes actions à la source de vie, et je considère la valeur de l'expérience pour mon évolution.

Suite

     « Qui n'a goûté à la mort ne connaît pas la saveur de la nourriture. »      
     PROVERBE IRLANDAIS     

C'est une histoire connue mais qu'on aime toujours se remémorer. Arrivant au ciel, il est donné à chacun le choix entre le paradis et l'enfer. On mène la personne devant deux portes. Dans chacune des salles, des tables de banquet. Jetant un cil dans la première salle, nous remarquons que tous les convives sont assis et enchaînés, qu'ils ont de longues fourchettes qui leur permettent d'atteindre tous les mets sur la table. Mais les fourchettes sont trop longues pour porter les mets à la bouche. Que de frustrations! Les convives se battent entre eux pour attraper les parts qui, espèrent-ils, pourront plus facilement combler leurs besoins. C'est certainement l'enfer, nous disons-nous. Regardant dans l'autre salle, quelle n'est pas la surprise de constater le même scénario ; tous les convives sont enchaînés à leur chaise et ont de trop longues fourchettes. Pourtant, l'atmosphère semble ici heureuse. En y regardant de plus près, nous remarquons la différence fondamentale. Quand quelqu'un a faim, il demande à la personne assise en face de lui de lui porter un morceau à la bouche. 

Je ne me bats pas pour gagner mon point. J'œuvre pour aider mon prochain à bien exprimer le sien. Je lui fais confiance. Il saura écouter le mien pareillement le moment venu.

Suite
Page 1 sur 11 PremièrePrécédente [1]