1 jour à la fois
Par mois: 2021-3Retour

     « Le jour où la joie des autres devient ta joie; le jour où leur souffrance devient ta souffrance, tu peux dire que tu les aimes.»      
     M. QUOIST     

Chaque jour, nous cultivons de notre mieux l'amour inconditionnel de soi. Notre progression sur cette voie nous libère de la haine et de l'apitoiement, nous savons le sentiment de plénitude que procure le véritable sens des responsabilités. Nous ne cherchons plus le pardon des autres car nous avons trouvé le nôtre. Mais les autres peuvent faire bon usage de nos excuses. Quand nous avouons un tort, nous offrons notre vérité en partage à l'autre. Par notre geste, nous contribuons à le libérer de la confusion et des doutes qu'il peut entretenir sur ses propres agissements. Ce faisant, nous l'aidons à prendre davantage confiance dans sa capacité à interpréter justement le monde, nous l'aidons à se constituer une identité stable. Ainsi, faire amende honorable n'est pas une peine infamante, mais un don d'amour, de justesse et de vérité. 

Je ne me fuis pas. Je sais prendre la responsabilité de ma vie en toute situation et présenter des excuses s'il y a lieu. Avouer le caractère erratique ou inapproprié de mes comportements ne m'avilit pas, mais me fait grandir ; c'est un geste d'acceptation à mon égard, d'amour et de vérité à l'égard d'autrui.

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     « Prendre les responsabilités des autres est un très bon moyen d'éviter d'assumer les nôtres. »      
     PATRICK GAUTHIER     

Que quelqu'un nous fasse part de ses besoins ou manifeste avec véhémence son insatisfaction en nous en attribuant le tort, une des plus grandes difficultés est de ne pas assumer la responsabilité de l'autre : il est et demeure responsable de son bonheur. Pour éviter le malheur et traverser la difficulté, nous devons toutefois reconnaître et accepter les émotions que provoque en nous la situation. Dans nos relations, nous pouvons nous sentir concerné par le besoin de l'autre. Mais nous avons aussi nos limites, nos propres besoins. Aimer, c'est croire assez en l'autre pour le laisser libre de se réaliser lui-même, c'est participer à la satisfaction de ses besoins sans se couper de soi et de l'émotion que provoque en nous sa situation. De là toute l'importance de bien observer ce que nous vivons lorsqu'il s'exprime et, éventuellement, de lui faire partager les fruits de nos observations. Ainsi, ne fuyant pas nos émotions, mais les accueillant, nous restons en contact avec notre intériorité et nous maintenons la relation authentique. Dans l'amour, nous accompagnons l'autre en lui marquant la confiance que nous avons en lui. Nous le reconnaissons dans ses capacités à trouver les meilleures solutions pour sa vie, ce qui le propulse vers un plus grand accomplissement et augmente sa capacité d'intervenir à son tour, avec un amour authentique, dans notre vie. 

J'aime mais mon amour n'est pas une prison. Je laisse l'autre libre. J'accepte que l'autre soit tel qu'il est. J'accepte que sa situation me bouleverse sans perdre de vue qui je suis. Il grandit par la confiance que je lui accorde. Je ne joue pas au sauveur, je grandis en gardant le contact avec ma vérité intérieure.

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     « Aucune souffrance, si intense soit-elle, n'est – ni ne peut être – dépourvue de sens, si elle est dédiée au soulagement de la douleur d'autrui. »      
     S. RINPOCHÉ     

Lorsque nous faisons un sacrifice, il arrive parfois qu'en suite nous le regrettons : il n'est peut-être pas apprécié à sa juste valeur, nous semble-t-il, ou encore il retarde la réalisation d'un de nos plaisirs. Nous retrouvons notre équilibre quand nous faisons vraiment le choix de ce sacrifice. (Ce choix peut même être fait longtemps après le sacrifice.) La satisfaction réside dans le sens que nous donnons nous même à notre geste. L'inconfort des regrets, la douleur d'un ressentiment nous quittent et notre bonheur revient pleinement dans notre vie. Dans la situation où nous étions au moment de faire le sacrifice, notre perspective nous disait-elle que notre action apporterait soulagement et réconfort? C'était alors un geste d'amour véritable. Qu'importe si le résultat n'est pas apparu à la hauteur de notre espérance. Nous étions sur le chemin de la sagesse et de l'amour, de la vérité et de la pureté, nous étions sur la voie. Et nous ne méritons pas de vivre des regrets ou de la haine, mais de l'estime de soi pour la beauté que nous avons exprimée. 

Mes souffrances cessent d'être stériles lorsqu'elles sont offertes pour ceux qui souffrent plus que moi, et surtout pour ceux qui n'ont pas le courage de regarder la profondeur de leur douleur intérieure. C'est un geste de beauté que d'aimer ainsi jusqu'au dépassement de soi.

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