Le Tao m'a toujours fait l'effet d'une ode à la liberté qui devait etre interprétée avec simplicité.
Le texte titré "Livre de la Voie et de la Vertu"
présente rapidement un avertissement redonnant sa liberté au lecteur: "La voie qui est la Voie n’est pas la voie, Le nom que l'on peut prononcer n'est pas le Nom éternel. Ce qui ne porte pas de nom, le non-être, est l'origine du ciel et de la terre. "
Le livre de la Voie ne prétend ni la définir, ni la circonscrire, surtout pas la limiter.
L'enchainement rassemble les meilleurs conseils au locuteur
"Seul le rien s'insère dans le sans-faille A quoi je reconnais l'efficace du non-faire La leçon du non-dire, l'efficace du non-faire."
Rien ne peut convaincre une personne dont l'argumentation est toujours sans faille, un personne convaincue d'avoir raison. Sauf peut-être le silence. Sauf peut-être l'exemple d'une personne qui lui laisse sa totale liberté d'être et de penser.
Mais rester silencieux parce que l'on croit que l'on sait n'est guère mieux et ne permet pas d'écouter ni d'apprendre au sujet de la voie qui peut etre la Voie parfois. Voilà pourquoi: "Voir la connaissance comme la non-connaissance serait le bien Voir la non-connaissance comme la connaissance serait le mal
Autrement dit, il ne faut pas davantage présumer d'avoir raison nous-même. la fin du poème est pratiquement humoristique:
"L'on est guéri d'un mal que l'on tient pour un mal Le Sage ne va pas mal c'est son mal qui va mal Quant à lui même il va fort bien."
Humoristique parce que si "la voie qui est la voie n'est pas la voie" le principe selon lequel "la voie qui est la voie n'est pas la voie" ne peut davantage être éternellement la voie. La connaissance est toujours à renouveler. toutefois, le philosophe ne s'en porte pas plus mal, il n'y a que le principe qui en souffre. lol |